Refondation de la REP PMCB : le réemploi ne peut pas être une variable d’ajustement.
Janvier 26, 2026
Le SPREC
Depuis plusieurs mois, un moratoire a été engagé sur la refondation du cahier des charges de la filière REP PMCB.
Le SPREC, le syndicat professionnel du réemploi des matériaux dans la construction, s’est pleinement mobilisé dans ce cadre, en participant activement au comité décisionnel porté par l’OCAB, à la demande de l’État et sous l’impulsion de Mme la Ministre Agnès Pannier-Runacher.
Ce moratoire faisait suite à des constats convergents mettant en évidence un modèle économique fragile, des tensions accrues entre opérateurs, des processus excessivement complexes et la nécessité d’ajustements pour assurer la soutenabilité et l’efficacité du dispositif.
Le réemploi : un pilier fragilisé dès l’origine
Dès juin 2025, le SPREC alertait, dans une note de positionnement publique, sur l’insuffisance des moyens consacrés au réemploi au regard des enjeux environnementaux, économiques et sociaux portés par la filière.
Cette note, à retrouver sur le site du SPREC, formulait cinq actions structurantes visant à faire de la REP PMCB un véritable levier de développement du réemploi, tout en sécurisant les acteurs et les investissements engagés.
Des scénarios qui excluent le réemploi
Pourtant fin décembre 2025, plusieurs scénarios de refondation ont été présentés : tous, sans exception, conduisent à l’exclusion du réemploi du périmètre opérationnel de la REP PMCB, par la suppression d’objectifs chiffrés et opposables.
Face à cette orientation, le SPREC a immédiatement réagi par :
- un courrier officiel adressé à la ministre le 8 janvier, cosigné par un large collectif d’acteurs du réemploi et du bâtiment,
- une note complémentaire argumentée, juridique, économique et environnementale.
À ce jour, ces alertes sont restées sans réponse.
Pourquoi cette exclusion constitue un recul majeur
Le SPREC souhaite aujourd’hui alerter publiquement sur les conséquences graves qu’entraînerait la disparition du réemploi de la REP PMCB :
- Un signal de recul politique, en contradiction avec le Code de l’environnement, le droit européen et la loi AGEC, qui établissent une hiérarchie claire des modes de traitement des déchets, plaçant le réemploi avant le recyclage.
- Une fragilisation immédiate de l’écosystème du réemploi, qui représente aujourd’hui près de 600 structures en France, dont une grande partie a engagé des investissements sur la base du cadre initial validé par l’État.
- Un risque économique et social majeur : pour 1 000 tonnes de matériaux réemployés, ce sont 44 emplois locaux et non délocalisables qui sont créés. Atteindre 5 % de réemploi permettrait d’éviter 1,2 million de tonnes de déchets et de générer au moins 36 000 emplois.
- Une impasse écologique, en renforçant des logiques de gestion avale énergivores, au détriment de la prévention déchet, de la sobriété matière et de la préservation des ressources.
- La perte d’un outil structurant de pilotage public, sans lequel le réemploi risque de devenir une variable secondaire, faute d’objectifs, de moyens et de suivi.
Mettre les moyens à la hauteur des ambitions
Le SPREC est conscient que le développement du réemploi implique des transformations profondes et parfois complexes. Mais renoncer aujourd’hui à cette ambition constituerait un choix de facilité, coûteux à long terme pour la filière, pour les territoires et pour les objectifs climatiques de la France.
Appel à mobilisation
Le SPREC appelle l’ensemble des acteurs de la construction, de l’économie sociale et solidaire, les organisations professionnelles, les collectivités et toutes les parties prenantes concernées par le réemploi à relayer massivement ce communiqué.
Dans le cadre des Rendez-vous du SPREC organisé le 12 février prochain, un temps d’échange sera consacré à la refondation de la REP PMCB.
Le réemploi ne peut pas être sacrifié au nom de la simplification.
Il est un levier stratégique, économique et écologique indispensable à la transformation du secteur du bâtiment.
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